Mastigouche : bonne pêche, malgré le mauvais temps

 

Publié dans : Chasse & Pêche
Par André Bellemare
2 Juin 2015 - 06:28
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Mastigouche : bonne pêche, malgré le mauvais temps

Voilà une quinzaine, alors que je pêchais dans la réserve faunique gouvernementale Mastigouche (située partiellement en Mauricie et partiellement dans Lanaudière), j'ai subi les... quatre saisons en moins d'une semaine : il a d'abord fait chaud à en crever, puis le temps frais et le vent se sont installé avant que des averses abondantes et des orages nous tombent dessus... le tout suivi par des brouillards de neige!

En présence de telle conditions atmosphériques exécrables pour débuter ma saison 2015 de pêche à l'eau claire, je craignais que mes compagnons de pêche et moi ne connaissions la bredouille. Mais nous avons été surpris de constater que les truites mordaient, même lorsque nous pêchions à la mouche. Nos prises étaient de belles truites grasses et très batailleuses.

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Une prise de Daniel Leboeuf - clic
Pour Luc Larochelle, de Coaticook en Estrie — chroniqueur de chasse et de pêche pour le quotidien La Tribune de Sherbrooke — ainsi que pour Daniel Lebœuf, de Rawdon en Laurentides-Lanaudière, et pour moi aussi, c'était une première excursion de pêche à vie dans le territoire entourant le site d'hébergement Houde-Patoulet, situé dans le sud-ouest de Mastigouche, non loin de la localité de Saint-Zénon.


Cette réserve faunique du gouvernement québécois est gérée, tout comme 15 autres réserves du même type, par la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ, une société d'État) qui nous avait invités à découvrir le Secteur Houde-Patoulet de Mastigouche.

Lacs produisant belles truites indigènes

On nous avait vanté la productivité des plans d'eau du secteur Houde-Patoulet réputés pour livrer de gros ombles de fontaine indigènes (truites mouchetées pures). Juste avant notre arrivée dans le territoire sous la responsabilité du gardien David Dubé, de Saint-Alexis-des-Monts, les clients ont récolté facilement chacun leurs sept prises autorisées, dont certaines pesaient deux ou trois livres (entre un kilogramme et près d'un kilogramme et demi)!

Aussi surprenant que cela puisse être, les lacs de la réserve Mastigouche ont calé environ une quinzaine de jours avant la longue fin de semaine de congé de la fête de la Reine (ou de la fête des Patriotes ou de la fête de Dollard... à votre choix). Voilà pourquoi les mouchetées étaient déjà dégourdies avant notre arrivée dans le territoire, et voilà pourquoi elles ne mordaient pas tout à fait comme des folles. Elles avaient déjà les flancs fermes et remplis; je puis vous assurer que ces truites dodues à la chair rose foncé sont succulentes.

Comme à «l'ouverture»... durant tout l'été!

Annie Saint-Onge, la responsable des services à la clientèle de la réserve Mastigouche pour la SÉPAQ, m'a souligné que toutes ces raisons ci-dessus expliquent pourquoi les mordus de la pêche fréquentent si fidèlement cette réserve faunique, surtout en début de saison.

Mais elle prend bien soin de préciser que la pêche est excellente tout au long de l'été dans Mastigouche parce que d'excellents lacs produisant beaucoup de belles truites mouchetées indigènes sont ouverts progressivement durant la saison : de cette façon, les pêcheurs qui ne peuvent prendre leurs vacances avant la fin de juillet ou le début d'août ont eux aussi la chance de faire «l'ouverture» de très bons lacs, où ils seront en fait les premiers à leurrer les poissons en plein été.

Des chemins forestiers en excellent état

Éric Harnois, de Saint-Boniface (près de Shawinigan), le directeur général de la réserve Mastigouche, est fier de souligner que l'accessibilité à ce territoire faunique a été grandement facilitée durant les trois dernières années par une remarquable amélioration des chemins forestiers.

Éric note qu'il y a quelque 800 km de chemins dans ce territoire d'une superficie de 1555 km² : de ces 800 km, environ 250 km sont souvent fréquentés par les pêcheurs, chasseurs et villégiateurs. Jusqu'à maintenant, Harnois a réussi à réaménager environ 150 km de ces 250 km. Il entend continuer d'accomplir ce travail titanesque.

En faisant abattre de d'imposants arbres matures bordant les chemins, Harnois a permis aux rayons de soleil d'atteindre lla surface des routes pour faire sécher ces voies de circulation bien plus rapidement durant le printemps, ce qui permet d'accéder plus tôt et plus facilement à des portions du territoire autrefois difficiles d'accès à cause des routes non carrossables. Les fidèles clients de Mastigouche en sont fort heureux, d'autant plus qu'il n'est pas obligatoire de posséder une camionnette à quatre roues motrices pour accéder à la majeure partie du territoire. Le directeur Harnois a aussi fait remettre en forme bien des chemins pour qu'ils s'égouttent rapidement dans des fossés après les averses et orages.

Plus de 500 lacs et ruisseaux ainsi que 13 rivières émaillent la réserve Mastigouche. Ce territoire situé au cœur du Québec attire une clientèle provenant de plusieurs régions de la province. Parce que Mastigouche est située à seulement 95 km au nord-ouest de Trois-Rivières, à 145 km au nord-est de Montréal et à 206 km à l'oeust de Québec. De nos jours, ces distances ne sont plus rebutantes.

Hébergement Houde-Patoulet

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Chalet Houde-Patoulet - clic
J'ai séjourné dans le chalet nº5 du site d'hébergement Houde-Patoulet. C'est un bien beau chalet patrimonial pouvant accueillir un groupe amical ou familial de huit clients logés dans quatre chambres de deux lits. Harnois a fait rénover les chalets de ce site d'hébergement en respectant leur aspect d'antan.

Comme dans le cas de bien d'autres chalets dans la réserve Mastigouche — ainsi que dans la plupart des 16 réserves fauniques gouvernementales du Québec gérées par la SÉPAQ — on a procédé à «l'électrification» par l'ajout de panneaux photovoltaïques (les panneaux solaires). Il n'est plus question d'éclairer l'intérieur des chalets avec de bruyants et très réchauffants fanaux au propane! Une  électrification qui plaît à la majorité des locataires des chalets, surtout aux dames, qui s'y sentent plus confortables et plus en sécurité.

L'avantage du séjour dans les chalets bordant les deux grands lacs voisins, Houde et Patoulet, c'est que les clients peuvent pêcher dans ces plans d'eau très productifs en truites mouchetées — dont certaines sont de taille impressionnante — en utilisant des embarcations amarrées au quai situé en face de chaque chalet. Mais les adeptes que le désirent peuvent aussi pêcher dans d'autres lacs moins fréquentés situés tout autour de ces deux grands lacs : dans ce dernier cas, il s'agit de participer à un tirage, durant la soirée de la veille du jour de pêche, dans le camp du gardien David Dubé. En plus, durant une même journée, il est permis de pêcher dans le lac attribué par tirage, puis de revenir pêcher dans le grand lac en face des chalets Houde-Patoulet.

En passant : vous aurez, tout comme nous, un immense plaisir à connaître le jeune gardien David Dubé, un bonhomme particulièrement accueillant, serviable et positif qui n'est nullement avare de ses secrets, de ses trucs, de ses conseils et de ses suggestions.

Les techniques de pêche productives

Mes compagnons de pêche et moi avons utilisé autant la canne à moucher que celle pour le lancer léger afin de leurrer nos prises.

Bien sûr, les truites mouchetées n'ont pu résister aux beaux gros lombrics (vers de pelouse) se tortillant autour d'un hameçon accroché à une cuillère ondulante, qu'il s'agisse d'une Lake Clear Wobbler (dorée et chromée), d'une Williams Wabbler (martelée, à moitié argentée et à moitié d'un bleu métallique) ou d'une Toronto Wobbler (au dessus argenté et au dessous cuivré). Il s'agissait de pêcher à la traîne avec des cuillières d'un poids suffisant pour plonger à environ 12 ou 15 pieds sous la surface (3,65 m ou 4,55 m de profondeur).

À la mouche, j'ai pêché à la traîne en utilisant un streamer ressemblant à la mouche Renous Special utilisée pour la pêche printanière du saumon de dévalaison dans les rivières du Nouveau-Brunswick. Bien sûr, les mouches AndréA, Muddler Minnow et Woolly Bugger (toute noire) ont produit le succès escompté. Une mouche qui a fait de ml'effet fut la L.T. Muddler, une création de Louis Tanguay, de Trois-Rivières, à laquelle on avait ajouté quelques fibres de Krystal Flash arc-en-ciel dans l'aile.

Le mardi matin (19 mai), nous avons pris cinq mouchetées d'un poids total de cinq livres et demie (2,5 kg); l'une d'elles pesant une livre et trois quarts (0,80 kg). C'était tout juste avant un orage qui s'était annoncé par un ciel couvert de lourds nuages noirs.

Pour vous informer sur la réserve Mastigouche

Puisque vous me lisez en vous branchant au Web, je vous suggère de consulter le site de la réserve Mastigouche dans l'Internet pour en apprendre beaucoup plus au sujet de ce territoire faunique attirant : http://www.sepaq.com/rf/mas/

Vous auriez aussi avantage à fréquenter le forum de Jean McMurray, un employé de la SÉPAQ passionné par son travail — et aussi par la pêche et par la chasse... — qui a créé ce site pour permettre aux mordus de Mastigouche d'échanger leurs secrets entre eux :
http://forumchassepechejeanmcmurray.aneantis.com/

Évidemment, pour réserver un chalet dans Mastigouche, vous pouvez téléphoner au Service central des ventes et des réservations de la SÉPAQ : 1 800 665-6527 (de 9h à 19h, sept jours sur sept). Ou vous pouvez téléphoner à vos frais au bureau administratif de la réserve Mastigouche, à Saint-Alexis-des-Monts : 1 819 265-6055.