Chasse et pêche : des mauvaises nouvelles...

 

Publié dans : Chasse & Pêche
Par André Bellemare
14 Avril 2015 - 09:35
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Chasse et pêche : des mauvaises nouvelles...

Alors que l'hiver se prolonge sans bon sens, et que le printemps tarde à se manifester — ce qui tape déjà durement sur les nerfs des adeptes de pêche et de chasse de chez nous —, voilà que les politiciens du Québec multiplient les mauvaises nouvelles à l'endroit de ces derniers.

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Les chasseurs ont d'abord eu de quoi se réjouir lorsqu'ils ont appris que la Cour suprême du Canada décidait que le gouvernement fédéral pouvait terminer la destruction du tristement célèbre registre des armes à feu longues (ou armes à feu «d'épaule», c'est-à-dire les fusils et carabines).

Cette décision mettait fin à de longues poursuites judiciaires intentées par le gouvernement provincial québécois qui désirait qu'Ottawa ne détruise pas la portion «québécoise» de ce registre national afin de la lui remettre pour que Québec se base dessus afin de créer son propre registre des armes d'épaule. Les chasseurs, les tireurs sur cibles et les collectionneurs d'armes à feu ont constamment lutté pour faire disparaître ce registre inutile et outrageusement coûteux.

Le gouvernement fédéral canadien, actuellement formé par les élus du Parti conservateur dirigé par le premier ministre Stephen Harper, a réussi à faire voter majoritairement par les Communes d'Ottawa que le registre soit détruit. Mais le Québec, une «société distincte», a tout tenté, durant les dernières années, pour empêcher la destruction de la portion «québécoise» du registre, ce que la Cour suprême du Canada a finalement refusé sans possibilité d'appel.

Malgré cela, le gouvernement provincial québécois persiste et signe : il a aussitôt fait savoir qu'il créerait son propre registre des armes d'épaule, allant même jusqu'à affirmer que cela ne coûterait que la modique somme de 30 millions $... Cela, alors que ce gouvernement coupe partout ailleurs, y incluant dans les domaines de la santé et de l'éducation!

C'est un pied de nez au gouvernement fédéral canadien, doublé d'un manque de respect total pour la décision de la Cour suprême du Canada! Autrement dit : le gouvernement du Parti libéral du Québec, dirigé par le premier ministre Philippe Couillard, se fait l'apôtre de la désobéissance civile... Il se moque d'une décision majeure des Communes d'Ottawa; il se moque aussi d'une décision capitale de la Cour suprême. Il sera ensuite surpris de voir des citoyens se moquer des lois et des règlements...

Le plus triste de l'histoire, c'est que le Parti québécois a demandé au premier ministre provincial Couillard de faire pression sur le premier ministre canadien Harper pour qu'il... remette généreusement au Québec la «portion québécoise» du registre fédéral des armes d'épaule, malgré la décision de la Cour suprême et malgré la loi contraire des Communes d'Ottawa! Le premier ministre canadien refuse de tomber dans ce piège.

C'est pourtant le même Parti québécois qui veut que le gouvernement provincial «récupère» les 400 millions $ qu'il en aurait déjà coûté au Québec pour la «portion québécoise» du registre fédéral détruit! Mais on continue quand même de nous faire croire qu'il n'en coûterait que 30 millions $ pour créer un nouveau registre québécois... Dans le fond, les partis politiques québécois entretiennent auprès du bon peuple l'illusion que l'existence d'un registre provincial des armes d'épaule assurerait une plus grande sécurité chez nous. Pareil projet est électoraliste : les politiciens recherchent désespérément des votes chez des électeurs naïfs et désinformés.

Le contrôle de la possession et de l'utilisation des armes à feu au Canada est une compétence du gouvernement fédéral : le Canada n'a jamais cédé cette prérogative à un gouvernement provincial. Le Québec tente un coup d'État par le biais de la création de son propre registre des armes à feu!

Il ne faut surtout pas qu'on reprenne ici tout le détestable débat qui a déjà été fait au Canada, au cours des dernières décennies, au sujet de l'enregistrement des armes à feu d'épaule. Il existe depuis longtemps un enregistrement des propriétaires d'armes à feu par le biais des permis de possession et d'acquisition d'armes à feu (PPAAF)! Les détenteurs de ces permis doivent suivre des cours (fédéral et provincial) puis subir des examens sur le maniement sécuritaire des armes à feu. Ceux qui veulent détenir de tels permis doivent aussi se soumettre à des enquêtes policières serrées, enquêtes portant même sur des antécédents psychologiques, médicaux, matrimoniaux, professionnels et criminels des requérants! Il faut absolument que les chasseurs du Québec aient suivi les cours et aient réussi les examens en question pour obtenir leur «certificat du chasseur», document obligatoire pour acheter des permis de chasse chez nous. Cela, c'est sans compter l'avalanche de règlements imposés aux Québécois propriétaires d'armes à feu concernant le transport, le maniement et l'entreposage sécuritaire de leurs armes.

Lorsque le gouvernement fédéral canadien — alors formé par le Parti libéral du Canada dirigé par le premier ministre Jean Chrétien — a créé cet outrageusement coûteux registre des armes d'épaule, ça ne devait coûter que 2 millions $ en principe à tous les citoyens du Canada... Quelques années plus tard, le gouvernement libéral fédéral parlait de «quelques dizaines de millions de dollars seulement»... L'une des dernières évaluations faites par le Parti libéral du Canada faisait état de 83 millions $! Or, l'ancienne Vérificatrice générale du pays, Sheila Fraser, a souligné, voilà une dizaine d'années, que l'investissement du gouvernement dans ce registre atteignait déjà plus de deux milliards $!!! Cela, c'est sans compter toutes les dépenses camouflées dans différents ministères fédéraux... On estime maintenant que le registre canadien des armes d'épaule a coûté près de trois milliards et demi $... avant sa destruction!!! Pourquoi? Pour engraisser une foule d'entreprises du monde de l'informatique et de la publicité... Est-ce que ce sera le même scandale qui surviendrait lors de la création d'un registre québécois?


Le coût des permis de chasse et de pêche

Comme s'il désirait frapper plus fort sur la tête des centaines de milliers d'adeptes de la pêche et de la chasse de chez nous, le gouvernement provincial vient de décider d'augmenter de manière démesurée le coût des permis annuels de pêche et de chasse que doivent obligatoirement acheter les adeptes.

En substance, les hausses varient de 21 % à 53 %!

Cela survient au moment où tous les bénévoles multiplient les efforts dans le but de susciter une «relève» aux générations vieillissantes de pêcheurs à la ligne et de chasseurs sportifs du Québec! Admettons que le moment et les moyens sont bien mal choisis...

D'autant plus que les régions éloignées, là où sont pratiquées le plus souvent les activités de pêche et de chasse, multiplient de leur côté les efforts pour attirer la clientèle touristique des adeptes de pêche et de chasse qui sont fortement sollicités ailleurs.

Lorsque la belle saison arrivera enfin chez nous, et lorsque les adeptes de pêche et de chasse s'évaderont de la jungle urbaine pour se retrouver dans la sauvagerie, ils auront encore dans la gorge le goût amer de ces mesures que le gouvernement provincial québécois leur impose : quelles seront leurs réactions à tous ces événements fort malheureux? Bien difficile de le prédire actuellement avec certitude. Chose certaine : il est à prévoir que ce sera une réaction négative bien malheureuse.